L’Alliance propose la mise en place d’un taux réduit de TVA, d’une éco-conditionnalité dans l’attribution des aides publiques et la création d’un fonds dédié afin de doper le développement des filières d’éco-matériaux.

C’est lors du Forum Bois Construction 2026 que près d’une vingtaine de structures et d’associations se sont unies au sein de l’Alliance éco-matériaux, avec pour objectif de promouvoir les solutions techniques dédiées au bâtiment reposant sur des matériaux biosourcés et géosourcés.

Des aides pour les projets les plus verts

À l’approche des élections, cette nouvelle structure a fait part de ses propositions aux responsables politiques pour favoriser la percée de ces matériaux sur le marché de la construction. Lors d’une conférence organisée pendant le Paris Builders Show 2026 (Batimat), l’Alliance a ainsi présenté ses propositions.

Elle plaide pour la mise en place d’un taux de TVA réduit à 10 % contre 20 % en construction neuve, et à 2,1 % au lieu de 5,5 % ou 10 % pour les travaux de rénovation, pour les chantiers incluant des éco-matériaux. Ce taux réduit s’appliquerait à la fourniture et à la mise en œuvre de matériaux de construction et d’isolation biosourcés et géosourcés.

Autre proposition : introduire un principe d’éco-conditionnalité des aides et financements publics. Suivant la logique de l’Alliance, les projets incluant des éco-matériaux devraient être prioritaires dans l’attribution des aides. Cela concernerait notamment les subventions accordées aux collectivités dans le cadre du Fonds vert, ou encore les aides à la rénovation énergétique de l’Anah et les compléments de financement apportés par certaines collectivités locales.

L’Alliance demande en outre que les établissements bancaires, la Banque des Territoires et les établissements privés introduisent des bonifications de taux dans leurs offres de prêt destinées aux projets de collectivités qui intègrent des éco-matériaux.

Une taxe sur les résidences secondaires

Troisième et dernière proposition : la création d’un fonds dédié au financement de la transition écologique et de la rénovation du bâti. Celui-ci serait indépendant du budget de l’État, afin de ne pas peser sur celui-ci. Il aurait vocation à accompagner la montée en puissance des filières d’éco-matériaux.

Quid du financement de ce fonds ? L’Alliance propose la mise en place d’une contribution spécifique de 6 % sur les droits de mutation à titre onéreux (DMTO) applicables aux transactions de résidences secondaires.

Son objectif : accélérer le développement des filières de matériaux de construction d’origine biosourcée ou géosourcée, faiblement transformés et aujourd’hui encore peu utilisés. Pourtant, ces filières sont opérationnelles et peuvent contribuer significativement à la résilience, à la souveraineté et à la décarbonation de la France, tout en soutenant le développement économique des territoires et la création d’emplois locaux.

Pour mémoire, batijournal TV c’était entretenu avec Paul Jarquin, président de Fibois Île-de-France, Vice-président de Fibois France et président de REI Habitat, lors du forum bois pour le lancement de l’alliance. Une interview à retrouver ci-dessous.