Gérald Merlin, chef des marchés structure & façade de wienerberger Terreal France, revient sur les choix industriels qui ont permis d’atteindre ce niveau de performance.
Pourquoi avoir travaillé spécifiquement sur la plaquette de parement ?
Gérald Merlin – La façade est directement concernée par la réduction de l’empreinte carbone des bâtiments. Avec Phaunis, nous avons voulu agir sur plusieurs leviers simultanément : l’énergie nécessaire à la fabrication, bien sûr, mais également la quantité de matière utilisée, les déchets générés et le transport. L’objectif était de conserver l’aspect d’une terre cuite moulée-main tout en repensant son mode de production.
Le principal changement intervient donc au niveau de la cuisson ?
Oui. Les plaquettes sont cuites dans un four 100 % électrique alimenté en électricité verte, sur notre site de Kortemark, en Belgique. Le site dispose également d’une production photovoltaïque qui couvre 25 % des besoins énergétiques du process. Nous récupérons par ailleurs la chaleur du four pour alimenter le séchoir. C’est cette combinaison qui permet de réduire fortement les consommations liées à la fabrication.

Vous avez également travaillé sur la quantité de matière utilisée. Pourquoi ?
La décarbonation ne se limite pas à l’énergie de cuisson. Phaunis est fabriquée directement au bon format, sans opération de sciage. Cela évite des pertes de matière et réduit les déchets de fabrication. Nous sommes également passés à une épaisseur de 18 mm, contre 22 mm pour une plaquette moulée-main standard, soit 18 % de matière en moins.
Cette réduction a aussi un effet sur le transport ?
Oui, puisqu’une plaquette plus fine et utilisant moins de matière permet de transporter davantage de mètres carrés par palette. Nous avons également travaillé sur le conditionnement, avec des sangles recyclables et des housses fabriquées à partir de matière recyclée. Il faut regarder l’ensemble de la chaîne et pas uniquement la fabrication.
Quel résultat obtenez-vous en termes d’empreinte carbone ?
Phaunis affiche un impact de 4,09 kg CO₂ eq/UF, pose au mortier incluse, contre 11,6 kg CO₂ eq/UF pour la FDES collective de référence des plaquettes en terre cuite. Cela représente une réduction de 65 %.

La réduction du carbone peut-elle modifier l’aspect architectural du produit ?
C’était justement l’un des enjeux : conserver l’aspect et la texture caractéristiques du moulé-main. La performance environnementale doit pouvoir s’intégrer au projet architectural sans réduire les possibilités offertes aux prescripteurs. La gamme comprend aujourd’hui deux formats, des plaquettes standards et d’angle, ainsi que douze coloris. Quatre teintes supplémentaires sont en développement.
Cette innovation traduit-elle une évolution plus générale de votre approche de la façade ?
Oui. Nous raisonnons de plus en plus à l’échelle de l’enveloppe et du cycle de vie du produit. Le carbone est aujourd’hui un critère de choix au même titre que les performances techniques, la durabilité ou l’esthétique. Pour l’industriel, cela signifie intervenir sur le produit, mais aussi sur les procédés de fabrication, la consommation de matière et la logistique.
Phaunis bas carbone en chiffres
- 4,09 kg CO₂ eq/UF d’impact carbone, pose au mortier incluse
- – 65 % par rapport à la FDES collective de référence
- 18 mm d’épaisseur, contre 22 mm pour une plaquette moulée-main standard
- – 18 % de matière utilisée
- 25 % des besoins énergétiques du process couverts par le photovoltaïque du site
- 12 coloris disponibles et quatre autres en développement
- 2 formats : 210 × 50 × 18 mm et 215 × 65 × 18 mm.


