À La Riche (Indre-et-Loire), la résidence Les Dryades démontre qu’il est possible d’associer façades à ossature bois, isolation thermique par l’extérieur sous enduit et construction de moyenne hauteur. Développée conjointement par Sto et ICADE Promotion, cette solution bénéficie d’une Appréciation Technique d’Expérimentation (ATEx) et permet au programme d’atteindre dès aujourd’hui le niveau d’exigence fixé par la RE2020 pour 2028.

Face aux objectifs de réduction de l’empreinte carbone du bâtiment, les systèmes constructifs hybrides se multiplient. La résidence Les Dryades, livrée en 2025 à La Riche, près de Tours, illustre cette évolution en combinant un noyau en béton avec des façades à ossature bois non porteuses revêtues d’une isolation thermique par l’extérieur sous enduit.

Développée par Sto et ICADE Promotion, cette solution constructive vise à faciliter le recours au bois dans les logements collectifs tout en conservant une esthétique d’enduit minéral et des coûts compatibles avec les attentes du marché.

Une solution validée pour les immeubles jusqu’à 28 mètres

Le procédé StoTherm Mineral COB sur FOB permet la réalisation de façades à ossature bois recevant une isolation thermique par l’extérieur sous enduit sur des bâtiments pouvant atteindre 28 mètres de hauteur.

Pour accompagner son déploiement, Sto et ICADE Promotion ont obtenu une Appréciation Technique d’Expérimentation (ATEx) de cas A, offrant un cadre technique et assurantiel destiné à faciliter son utilisation dans les opérations courantes. À La Riche, cette solution est mise en œuvre sur deux bâtiments de cinq étages totalisant 48 logements. Les quatre premiers niveaux reposent sur une structure mixte associant noyau béton et façades à ossature bois, tandis que les deux derniers niveaux sont entièrement réalisés en bois.

Une performance environnementale anticipant la RE2020

Le projet se distingue également par ses performances environnementales. Avec environ 50 % de matériaux biosourcés mis en œuvre, la résidence atteint le seuil fixé par la RE2020 pour 2028, soit trois ans avant son entrée en vigueur. Cette performance résulte du choix des matériaux mais aussi d’une conception favorisant l’efficacité énergétique, la préfabrication des éléments bois et l’optimisation des interfaces entre les différents corps d’état.

Un chantier préparé en amont

La réussite de l’opération s’appuie sur une préparation importante du chantier. Avant le démarrage des travaux, un prototype de façade a été réalisé afin de former les entreprises aux points singuliers du procédé et de valider les détails d’exécution.

Les interfaces entre l’isolation, les menuiseries extérieures et les fixations des balcons ont été anticipées dès les premières phases afin de limiter les reprises ultérieures sur les façades enduites. Le procédé intègre également des joints de fractionnement entre les modules d’ossature bois pour accompagner les mouvements du matériau dans le temps, tout en conservant une lecture homogène de l’enveloppe.

Un suivi en temps réel de l’humidité

Afin de sécuriser la mise en œuvre, des capteurs connectés ont été installés dans certaines façades pour suivre en continu le taux d’humidité des ossatures bois pendant toute la durée du chantier.

Ce dispositif a permis de vérifier le bon comportement de l’enveloppe et d’identifier les variations d’humidité liées aux autres interventions du chantier, notamment lors de la réalisation des chapes béton.

Vers une démocratisation des façades bois sous enduit

Pour Sto et ICADE Promotion, cette expérimentation ouvre la voie à une diffusion plus large des façades à ossature bois sous enduit dans le logement collectif.

En apportant un cadre technique reconnu et en s’appuyant sur des procédés de mise en œuvre proches des pratiques actuelles des entreprises, cette solution entend lever certains freins liés à l’assurabilité et à la généralisation des systèmes constructifs bas carbone. Avec Les Dryades, les deux partenaires proposent ainsi une réponse conciliant performances environnementales, préfabrication, qualité architecturale et maîtrise des coûts, dans un contexte où les exigences de décarbonation du bâtiment continuent de se renforcer.

Photo ©Manuel Panaget